Auteur/autrice : Laetitia de PiconProd

Budapest 2-2 Loriot Family

On peut convenir que la canicule qui s’abat sur nos vacances complique un peu le rapport que l’on entretient avec la ville.

On décide donc ce matin de partir pour une balade « à l’ombre », c’est à dire un petit train tenu par des enfants, dont Guillaume va vous parler…
L’idée est sympa, on galère un peu car la place Szell Kalman est en travaux, que tous les arrêts de bus/tram sont déplacés et qu’on n’a toujours pas appris à compter en hongrois…

OSS 117 – Chiffres en arabe

La route est un peu longue sous le soleil mais youhouuuuu!!! On y est!

Belle vue sur la ville, du vent dans les voiles et sous les aisselles (désolée de vous expliquer que l’on a VRAIMENT chaud…)

et à l’arrivée, un petit Resto qui sert de la très bonne nourriture hongroise

On est tellement bien installé que l’on reste affalé dans la toute petite brise à grand renfort de glaces et de bière fraîche!
On dégaine cahiers et dessins…

Et puis on se dit qu’il faut peut-être visiter un peu mais quoi??? Il fait trop chaud pour errer dans les rues, ce qui est notre passe-temps favori…la tentative de musée d’hier nous a refroidi… Alors on opte pour les souterrains du château de Buda…BRRRRRR!!!!

Il s’agit d’un labyrinthe qui abritait essentiellement des cachots mais au moins, il fait FRAIS!!!

Au départ, on se dit qu’on va faire la visite à 18h, à la lanterne mais après quelques frissons…on n’y reviendra pas!! C’est dans ces souterrains qu’a été emprisonné le comte Vlad Tepes….et oui….Dracula!!!!! La mise en scène joue pas mal sur les effets de lumière, sur la fumée et sur une musique qui fait peur….

Il y a des culs-de-sac, des passages entièrement dans le noir, des statues de cire avec les costumes de l’opéra de Budapest…c’est quand même Mega che-lou!!!
On en profite (mais sur la fin hein…) pour faire des photos rigolotes!

Sortie de l’antre, retour à l’air libre et à la chaleur, on prend quelques minutes pour écouter des musiciens, leur payer une bouteille d’eau et profiter du voyage…tout simplement!

2ème journée bien sympathique mais on regrette toutefois que sortir des sentiers battus soit si compliqué…malgré un excellent réseau de bus, tram et Metro!!

Budapest 1-1 Loriot Family

Ceci est est mail de demi-réconciliation.
Budapest, je te présente des excuses.

Ce soir, vers 19h, lorsque la température frôlait les 30 sans les dépasser, on a décidé de s’attaquer au quartier touristique.
On a mis cap à l’Ouest, vers le Danube. On a tout fait comme des touristes…
C’est très beau Buda:

C’est très beau Pest:

Mais je suis quand même obligée de te dire que tes rues puent, tes habitants ne sont pas souriants et tes trottoirs sont sales…


Et vous n’avez pas les odeurs de pipi…

Mais c’est beau…

Allez, soyons fair-play Budapest, on remet la balle au centre et on verra ce que tu sais faire en 2ème mi-temps!
La bise!

Budapest 0-1 Loriot Family

En route ce matin pour les bains thermaux Szechényi, un must de la capitale hongroise. Il s’agit d’une multitude de bains (couverts ou en extérieur) à des températures différentes, entre 20 et 38*C. Il s’agit d’une eau thermale riche en calcium, magnésium, hydrocarbonate, sulfure et chlorure contentant aussi du sodium et une teneur en ion de fluorure et d’acide métatartrique également importante. Il se trouve que j’ai recopié toutes ces informations sur leur site internet en rentrant car sur place, il n’y a aucun papier explicatif. Je suppose qu’il y a un sens pour les bassins…mais nous n’en saurons rien!

2ème surprise, mon guide datant de 2013 indiquait un prix d’entrée de 10€. En arrivant on découvre que les enfants paient comme les adultes et que l’on doit s’acquitter de 17€/personne…OUCH!!!

Ok, c’est beau cette grande cour neobaroque toute jaune!

Dans le 1er bassin, celui à 38*C, il est recommandé de n’y rester que 20 min. On tient seulement 10, et encore! On se rend dans celui à 30*C, on est bien, les enfants en profitent pour attraper des coups de soleil
faire le tour de la nage à courant, on se marre bien!

Après un bon repas hongrois,

On décide de bouger. En cherchant les toilettes, on tombe sur la véritable entrée des bains, que l’on a ratée en arrivant du métro…

Comme il fait très chaud, on opte pour le muséum d’histoire naturelle. Après 30 minutes de métro et 10 minutes de marche en plein cagnard sur des trottoirs VRAIMENT crados (et pourtant je ne suis pas trop regardante…), on trouve le musée FERMÉ…
En plus, on cherche désespérément un distributeur de cash pour retirer des forints et s’acheter à boire…

Nous essayons de demander gentiment mais personne ne fait l’effort de nous répondre…

Il est presque 16h, on a dépensé du fric en métro pour un musée fermé, on meurt de chaud…direction l’appart parce qu’il est magnifique, parce qu’il y a des jouets et qu’Helga a rempli le frigo de bières…

1ere impression de Budapest très mitigée pour nous donc mais dès que la chaleur va tomber (dit Guillaume), on ressort et on va attaquer le circuit plus touristique…
To be continued !

Entrer à Budapest

Entrer dans une gare est un moment à part dans notre voyage. La plupart des villes que nous avons visitées, nous y sommes entrés comme des voleurs: dans un train express, fermé, avec climatisation et explications en anglais. Et dans la gare, une succession de boutiques mondialisées.

Aujourd’hui, c’est Budapest qui nous semble être un voleur. On est balancé sans explication dans un train régional et là, cheveux au vent, on entre en gare et on saisit le moment, n’en déplaise au voleur!

C’est une sensation bizarre… Je me sens mal à l’aise… Budapest est le point le plus oriental de notre périple et ça se sent…
Comme un relent de communisme…

Comme une impression que la ville a 50 ans de retard…

Comme une vision de bâtiments dégradés…

C’est une ville d’Europe, et pourtant on a l’impression d’en être si éloigné…

Demain, en route pour une journée d’aventures sous 35*C, ce sera notre journée la plus « fraîche » dans la fournaise hongroise, avant d’atteindre un petit ressenti à 44 jeudi après-midi…
Alors maintenant, à nous 2 Budapest!! On verra bien qui en ressort gagnant!!

Pour évacuer la bière!

Ma super montre connectée fait podomètre et nous signale chaque jour notre nombre de pas. Nous avons beaucoup marché au début du voyage puis ralenti le rythme à cause de la chaleur.
Quoiqu’il en soit, les enfants le prennent aussi comme challenge: effectuer 10000 pas par jour, ce qui correspond à 7/8 km. Et on les tient!!
(Sauf les jours de train).

Aujourd’hui, malgré la canicule, on en a fait 15000, soit plus de 11km!

Bravo les mini-routards!

Vous avez dit barrière de la langue?

Ce soir, après avoir bu un litre de bière chacun, j’avoue que je suis un peu pompette!
Mais ça ne nous empêche pas de faire « les bûches »!!

Dans le métro, je reste perplexe lorsque Louise dit bonjour à deux personnes d’origine asiatique qui lui rendent son bonjour en secouant frénétiquement leurs mains (comme peuvent le faire des personnes d’origine asiatique, allez, ne mentez pas, vous savez comment font ces personnes, en penchant délicatement la tête….)
Bref….

Elle me dit qu’elle les connaît, qu’elle les a déjà croisées à Vienne.
Je ne sais pas si c’est l’effet de la bière mais j’ai l’impression d’entrer dans une autre dimension…jusqu’à ce que ces personnes se mettent à me poser mille questions sur notre pays d’origine, notre future destination, sur le fait que l’on n’a pas nos gros sacs à dos…
Mais WHAT THE FUCK?????

Cependant, je me surprends à leur répondre dans un anglais parfaitement fluide, à mener la conversation tambour battant…oh my God, i’m fluent!!!!
(Merci la bière)
Je suis sûre qu’avec une petite dernière, je parlais allemand sans chercher mes mots… Et p’têt même Coréen!!!

Vienne, Wien, day 2

On a réservé la visite de Schönbrunn pour 9h30 en « fast lane », Sisi here we come!!!

On a des réducs avec la Vienna card alors on en profite pour prendre le « grand tour », 40 pièces à visiter….plus d’une heure d’audio-guide! La fin est un peu difficile pour Octave mais il a adoré! Et il est très attentif! Ca nous coûte la bagatelle de 43€ quand même mais avec ce billet, on a aussi accès à la gloriette, aux labyrinthes, aux Kronprinz Garten et à l’orangerie…

Dire que l’on souffre de la chaleur est peu de chose…
Regardez la tête d’Octave devant la fontaine!!

Personne n’a faim alors on opte pour un petit pot de Pringles (quoi?? C’est pas autrichien Pringles?) à l’ombre des grands arbres, dans des pelouses qui sont interdites…

Les enfants en profitent pour faire une bataille de feuilles:

Et c’est reparti! On passe derrière la fontaine pour essayer de se rafraîchir (c’est peine perdue…)


avant d’attaquer la montée à la « gloriette »…

Avec tout ce luxe, ce cristal, ces lustres, ses dorures…Louise se demande si sa grand-mère n’a pas de lien de parenté avec l’impératrice Marie Thérèse!!!

Tout en haut de la gloriette, c’est beau!! Mais il doit faire plus de 40*C au soleil… Et si je vous dit que la chaleur m’incommode, vous pouvez me croire!!

On décide de s’offrir une glace et un kaiserschmarnn, le dessert le plus cher de nos vacances mais bon, on l’a bien mérité!!

Le retour jusqu’au métro est difficile: il est plus de 14h, il fait méchamment chaud, Octave est écarlate…on rejoint notre chambre à 20*C…et on se demande comment on va tenir à Budapest 😉

On ressort vers 17h pour aller faire un tour d’un symbole viennois situé sur le Prater (grand parc+foire permanente) au centre de Vienne: la grande roue!!


Il y a des cabines pour des repas, on décide de venir fêter les 10 ans d’Octave ici, inch’Allah!!!

On monte à 64m de hauteur…..bouhhhhh, je ne suis pas rassurée… On termine la soirée dans le parc, on se dit que la nuit doit être magique dans ce parc kitchissime mais il faut coucher les minis-routards, demain: BUDAPEST!

Vienne/Wien, day 1

On s’est couché tôt hier soir pour pouvoir profiter de la visite de Vienne par un viennois en ce samedi matin! Nous avons en effet rendez-vous avec ma cousine Sophie (de Biot), son époux Christof et leur fils Mathieu pour une matinée viennoise!

On commence à 9h15, sous 28*C déjà par le quartier central, quartier médiéval, quartier chic….
Synagogue gardée par la Polizei mitraillette au poing des deux côtés de la rue…

Une brasserie « grecque » car elle jouxte l’église orthodoxe à la sortie de laquelle les croyants vont boire un petit coup…avec le St Augustin « lustig » (rigolo) en médaillon. Christof (qui parle très bien français et travaille au musée des armées) nous raconte que selon la légende, St Augustin, un soir de grande ivresse, était tombé dans un tombeau de pestiférés. Il en ressort vivant et en tire comme leçon que les plaisirs de la vie (ici l’alcool) préservent des maladies… Moi j’adhère…surtout que la bière coule à flots pour nous depuis 8 jours!

On poursuit avec les bâtiments de l’université qui date de 1628 et qui ont quand même vu passer Leibnitz…

Puis vient la cathédrale st Etienne…

La chaire du curé sur laquelle monte une flopée de grenouilles stoppées par un chien censé protéger celui qui fait le sermon:

Bref… Mille anecdotes sur la ville et ses habitants…et tout ça, ça creuse: nous voilà sirotant une bière à 10h30, chez Trzesniewski, un haut lieu de la vie viennoise: on y lit son journal, avec quelques tartines ou un petit verre…ou un grand verre, ça dépend….Ce qui est sûr, c’est que le voisin de table à qui nous avons demandé de faire une photo devait être là depuis l’ouverture…


Bon, OK, merci!!!

On poursuit la visite sous un soleil éclatant. Cette fois, c’est Mathieu qui ne se plie pas au selfie!

On se dirige vers le palais d’hiver…un parfum de Sisi flotte dans l’air…

On passe devant la bibliothèque, au balcon de laquelle Hitler a prononcé un discours devant des Viennois médusés. Aujourd’hui, aucun chef d’état n’ose utiliser ce balcon. Pour les communs des mortels, il est accessible mais seulement en étant accompagné d’un guide….ce qui se dit accompagné d’un führer…!!! Christof se marre depuis 5 minutes en nous racontant cela…!!!

Nos chemins se séparent autour de midi et nous en profitons pour engloutir des knödeln et de la wiener Schnitzel… Malgré les 38*C!


Dans un jardin comme on les aime…

Quand la chaleur se fait écrasante, on file au Mumok, le musée d’art moderne pour inculquer aux mini-routards le sens de l’art: Warhol, Lichtenstein et d’autres pour passer 2h au frais!

On se prend en photo dans un photomaton rétro-vintage-analogique et le résultat n’est pas mal du tout!!

Puis direction Stadionbad, l’immense complexe nautique d’extérieur de la ville: 7 bassins (dont un à vagues!!) et des hectares de pelouses ombragées… Waouhhhh!!!

Pas de photo à la piscine car on a pris une cabine, le luxe!!

Retour par le parc derrière l’hôtel: concert plein air, aires de jeux…

Je crois que l’on est prêt pour s’installer en Autriche…

Une ville, une histoire: Gorizia

Pour commencer ma nouvelle rubrique, rien de mieux que ces villes-jumelles: Gorizia en Italie/Nova Gorica en Slovenie.
En préparant le voyage, on avait trouvé cette configuration plutôt bizarre mais c’est notre chauffeur de taxi qui nous met sur la voie de l’explication…

Après la 2ème Guerre mondiale et jusqu’en 1947, la ville est sous double occupation: la zone A est occupée par les Anglo-Americains, la zone B par les yougoslaves communistes…guerre froide, mon amour!! Un rideau de fer en somme! C’est ce que les locaux appellent « the roof », le toit, qui marque la séparation:

En 1947, le traité de Paris (oui, le même qui rend Tende à la France…) donne la zone A à l’Italie tandis que la zone B est intégrée aux républiques socialistes de Slovénie et de Croatie, dans la fédération yougoslave.

Après, ça se corse!! C’est la piazza della Transalpina, qui est une place publique située à cheval sur Gorizia en Italie et Nova Gorica en Slovénie, qui illustre le mieux la situation!

Cette place se situe face à la gare qui, inaugurée en 1906 alors que le lieu appartient à l’empire austro-hongrois, se situe sur la ligne « transalpine » qui relie Trieste à Jesenice! Mais en 1947, cette gare revient aux Yougoslaves.
Ca va? On suit au fond?

La frontière est alors matérialisée par une clôture (que l’on a gardé en souvenir, regardez bien ma photo) que l’on surnomme: le mur de Gorizia! Et tout ça, bien avant le mur de Berlin!! Les Slovènes n’ont donc plus qu’à construire « leur » ville, qu’ils débutent en 1948 et qu’ils nomment la « nouvelle » Gorizia. En témoigne une architecture moderne, issue des canons de l’ère soviétique:

Cette frontière reste fermée jusqu’en 1955, puis progressivement, dans les années 1960, elle s’ouvre pour autoriser le passage des personnes et des marchandises. Les commerçants italiens de Gorizia s’enrichissent alors car les Slovènes, bloqués dans l’économie communiste de la Yougoslavie, traversent régulièrement la frontière pour venir faire leurs courses à l’Ouest, dans le bloc capitaliste!
Aujourd’hui, l’inverse se produit: les Italiens franchissent la frontière (mais sans laisser-passer) pour profiter de prix plus bas en Slovénie….et ils enrichissent donc leurs voisins… Un prêté pour un rendu!!

En 2004, la Slovenie entre dans l’UE et la clôture est démontée, soit 13 ans après l’indépendance du pays quand même… La circulation n’est pas encore complètement libre, les conditions sont compliquées: Il faut que la personne ayant pénétrée sur la place depuis un pays la quitte en revenant vers ce même pays….
Des points de passage officiels sont situés à quelques centaines de mètres de la place.

Le 21 décembre 2007, la Slovénie intègre l’espace Schengen : le mouvement des personnes sur la place devient alors complètement libre!

Et voilà! Alors aujourd’hui, malgré les traités européens, les mesures en faveur des Eurorégions, on peut se demander si toute cette paperasse bruxelloise est arrivée jusqu’à Gorizia… Parce que franchement, s’arrêter dans une gare pour en rejoindre une 2ème qui se trouve à 4 km, ça ne joue pas la carte de l’Europe ouverte…