Auteur/autrice : Laetitia de PiconProd

Dictée #4

Un texte de Camus sur la chaleur de l’Algerie, cette envie de rendre un peu un dernier hommage à cet élève génial, qui reste dans mon cœur comme un de mes chouchous hors catégorie…

Celui qui venait d’avoir son bac et rentrait en médecine, avec qui j’avais des contacts très réguliers et a qui j’avais d’ailleurs offert ce livre de Camus en fin d’année en lui promettant qu’il accompagnerait sa vie…

Celui qui m’avait fait la surprise de me faire « livrer » pâtisseries et thé à la menthe en plein cours, celui dont les grands yeux rieurs m’accompagnent en pensées depuis 3 ans…

Celui dont le travail et la persévérance étaient un vrai bonheur à accompagner…

Celui qui était devenu un peu « l’idole » des gamins de la communauté maghrébine de Podensac…

Celui avec qui le cours sur la guerre d’Algérie avait été des plus mouvementés,

Celui pour qui j’ai lu le Coran une nuit entière,

Celui à qui on s’attache, peut-être trop…

Repose en paix là bas en Algérie Malek. On devait se voir cet été pour que tu me racontes ton « business » comme tu disais… mauvais timing.

Tu vas me manquer 💕

« Nous entrons dans un monde jaune et bleu où nous accueille le soupir odorant et âcre de la terre d’été en Algérie ».
Noces à Tipasa, Albert Camus

Oulan-Bator/Pékin, 31h dans notre dernier train!

Grosse déception pour nous ce dernier train car c’est un équipage chinois et exclusivement masculin. On oublie l’accueil réconfortant et maternel des provodnitsa russes (on vous a raconté comment notre russe a viré 2 mecs bourrés de son wagon en pleine nuit???), on oublie même le sourire forcé de notre mongole, on oublie l’aspirateur dans les cabines tous les jours, les toilettes plus ou moins propres (mais on va vite s’apercevoir que jusque là, ça pouvait le faire!)

Notre chinois ne nettoie rien (je vous passe les toilettes sans papier et sans savon… heureusement que nous sommes hyper bien équipés!!) et, cerise sur le gâteau, il fume dans le wagon! 😭😭😭. On touche le fond là!

Heureusement que les petits routards sont ultra résistants (même pas une petite diarrhée en 3 semaines 👏🏻👌🏻💪🏻😂).

Les paysages sont grandioses. Les steppes, les virages où l’on peut apercevoir le train, une ou deux yourtes perdues dans la steppe, des chevaux sauvages, beaucoup! Et puis parfois, des chameaux du désert!

Les yeux sont scotchés à la fenêtre. Exit la monotonie de la taïga, on se délecte des paysages changeants!

Encore quelques occasions de descendre dans des gares écrasées par la chaleur et le soleil…

Mais plus de magasins sur les quais… la nourriture vient à toi!

On profite de nos dernières heures tranquilles avant le passage de la frontière qui s’annonce sportif!

18h50: on sort de Mongolie, rappelez-vous!

21h, on débarque à Erlian, frontière chinoise, avec l’obligation de vider ENTIÈREMENT la cabine. Contrôle des bagages puis arrêt de 4h obligatoire car l’écartement des rails est différent entre la Mongolie et la Chine. Il faut donc procéder à un changement de roues.

On est donc STOCKÉS dans un terminal de gare, une grande pièce avec fauteuils où l’on ne peut rien acheter à manger. On en reparlera.

Bref, nous gardons d’Erlian cette triple image d’une gare où malgré la soirée bien entamée se propage une chaleur terriblement moite. Une impression d’être constamment surveillés et épiés: big Brother is really watching you and I am sure he’s Chinese!! 😂
et puis surtout, cette véritable invasion de cafards, dont on a eu beaucoup de mal à se séparer… ils étaient partout: dans les cheveux, dans les chaussures, dans les sacs…

Bref, vous l’aurez compris: une arrivée mouvementée au pays de Mao (et pas de McDo hein…)! De toute façon, il paraît que la Chine n’accepte plus aucun passage par frontière terrestre depuis qq semaines. Elle veut en effet empêcher les Occidentaux de fourrer leur nez dans la province du Xinjiang dans laquelle l’ethnie musulmane des ouïgours est enfermée massivement dans des camps de « redressement ». On a donc eu beaucoup de chance!

On a pu regagner notre cabine un peu avant deux heures du matin, fourbus. Au matin, un paysage de gorges et de rivières magnifiques…

Ponctués de 60 tunnels…

Et puis ça y est, nous y voilà: PÉKIN, appelé aussi Beijing, ce qui signifie capitale du Nord!

7826km en train, 8 fuseaux horaires. On l’a fait. On a traversé un continent en train. Je n’en reviens pas moi-même!

Dernière photo où on rigole avant d’attaquer la fournaise. Pékin est en effet en alerte chaleur. Mais les Chinois, ils rigolent pas. C’est la VRAIE chaleur. Un petit 42 degrés avec un ressenti à 51… je croyais même que ma météo était en Fahrenheit! 😂😂

On a prévenu les enfants: « vous allez vivre les 3 jours les plus difficiles de votre vie de routard jusqu’ici ».

C’était rien de le dire.
Next: lost in translation

T

2 jours dans le parc national de Gorki Terelj

Comme nous n’avons que 3 jours en Mongolie et que Oulan Bator est une étape obligée (les billets de train doivent en effet être récupérés sur place car pas d’envoi postal possible), les possibilités qui s’offrent à nous sont très limitées, n’en déplaise à Vincent!!

Les routes en Mongolie ne sont pas en très bon état. D’ailleurs c’est simple, sur 3 millions de Mongols, 1 vit dans la capitale, un autre million vit dans les steppes et un dernier million s’est expatrié! La préoccupation majeure du gouvernement n’est donc pas celle d’une circulation fluide et efficace! Adieu l’Altai, adieu le Gobi, adieu les steppes de l’ouest car il faudrait au minimum 10h de bus pour rejoindre ces lieux! C’est donc tout naturellement que nous avons choisi le Terelj, parc naturel national, pour découvrir les grands espaces!

70km, on a prévu 1h15 de voiture. On a choisi un lodge recommandé par le guide lonely planet. Évidemment, il est hors de question de conduire en Mongolie! Notre chauffeur nous récupère vers 10h. Une dame l’accompagne (qui parle anglais) pour nous signifier que la route est en travaux, qu’il faut faire un détour et qu’il nous faudra bien 2h.

On monte dans le mini-bus (sans ceinture bien sûr…) et là… triple découverte: la conduite mongole, les routes mongoles, la communication réduite à zéro car le chauffeur ne parle pas anglais. En plus, on ne sait pas où il nous emmène.

J’avoue quand même que c’est le moment le plus stressant du voyage pour moi. Routes, pistes, chevaux sauvages qui traversent, chèvres, moutons, aigles en bord de route, dépassements de camions de laine de mouton en pleine montée, en 5e vitesse bien sûr car jamais une seule fois il a rétrogradé… j’avais eu peur en Malaisie mais là, ça vaut son pesant de cacahuètes…

Mais les paysages…😵😵😵 c’est magique.

Et après 2h de stress, on peut respirer, on atteint notre lodge! Il n’y a pas grand chose à faire: c’est un hôtel « pour riches chinois qui veulent découvrir la Mongolie avec matelas confort et bière fraîche » dixit Vincent. Pour lui la Mongolie, c’est chevaucher pendant 15 jours dans la steppe.

NO WAY!

Pour nous ce sera balade!

Sabryna et Pierre rencontrent des Mongols qui leur proposent une balade de 1 heure à cheval. Mais 1h, ce n’est pas assez pour les aventuriers que nous sommes! Non, nous on choisit la balade de 5h 😂😂

On a jamais fait de cheval en France. Faisons-le en Mongolie! Rendez-vous est fixé pour le lendemain chez notre ami mongol.

Personne n’est bien rassuré!! Emile craque au moment de monter! Mais avec 3 accompagnateurs, tout le monde trouve son rythme! Et c’est parti!

Objectif: le Rocher de la Tortue, un lieu sacré pour les Mongols, comme en témoigne le petit monticule de pierres surmonté d’un mât aux milles couleurs!

La balade se termine, on ne peut plus marcher (!!) ni se servir de nos genoux! Notre mongol insiste en répétant ce que nous croyons être le mot « yourte ». On entre donc chez lui.

Une fois assis, nous comprenons (mais trop tard), qu’il veut nous offrir du YAOURT. Du YAOURT AU LAIT DE YAK.

C’est à ce moment là que nos estomacs, déjà soulevés par le fumet des ordures…. (oui parce qu’il y a un réel problème de poubelles en Mongolie, va falloir qu’on en parle…)

Et nos yeux révulsés par la couleur des pieds de notre hôtesse…

C’est donc à ce moment là que, dans un filet de voix, je dis aux enfants: NON! on ne touche pas au yaourt s’il vous plaît. Ok pour les biscuits, ok pour le fromage (que Sabryna va vite recracher…!!!) mais PAS DE YAOURT!

Quels souvenirs! Des paysages magnifiques, des gens hyper accueillants, une balade que nous n’aurions jamais tentée en France.. bref… une journée inoubliable!

Il est temps de rejoindre notre yourte pour la nuit. Notre estomac finit de se retourner car l’odeur est presque insupportable. Elle est construite en laine de yak pour conserver la chaleur 😮😬. Bref, si on n’a pas vomi ce soir là, on ne vomira plus! 😂😂

Le lendemain, à l’aube, on quitte le lodge dans une lumière qui semble irréelle…

En rail, le dernier train du voyage!