#soyoungtobesuchabuffoon
Rencontres à la laverie
Si nous ne nous sommes pas fait avoir sur les lave-linges et sèche-linges dans les prochains appartements, nous n’aurons plus besoin de passer à la laverie.
Pourtant ce fut l’occasion de faire de drôles de rencontres.
À Greenwich, la launderette est tenue par un kurde au milieu d’un quartier résidentiel typiquement anglais.

Il a passé tout le temps de la lessive à regarder les flash infos turques sur la situation en Turquie (je ne comprenais que « Erdogan ») et à téléphoner en kurde. Il demandait à chaque interlocuteur: « Talk to me in Kurdish! »
À Brême, la laverie est plus classique, 10 lave-linges et 10 sèche-linges. Mais ce sont les utilisateurs qui étaient hauts en couleur. Enfin surtout une!
J’ai fait ma lessive avec Bison Futé!


#soyoungtobesuchabuffoon
Summer Train 2016: Stralsund-Dantzig
Carte à visualiser sur le blog
Le défi du voyage, c’est cette journée!
Trois trains, départ 10h16, arrivée 19h24. Et sur un samedi de départ en vacances!
Pour rejoindre la frontière germano-polonaise et Szczecin sur la Baltique (Big up à Winston!), nous prenons deux trains régionaux donc sans réservation.
Stralsund est la gare de départ du premier train donc nous trouvons des places sans souci. Mais dans un train régional, c’est beaucoup plus compliqué de poser ses sacs. Sur les sièges d’à côté au début du voyage, ils ont fini à nos pieds après quelques gares.

Changement à Pasewalk, petite gare presque vide.

Deuxième train régional très petit, les enfants peuvent s’asseoir mais les parents restent debout. On voyage avec des scouts allemands, qui ont clairement plus de bagages que nous!

Étape à Szczecin où nous prenons notre premier train polonais.

Il est à l’heure. C’est un vieux Corail à compartiments dont les sièges sont rénovés. Les fenêtres peuvent encore s’ouvrir.


Les passagers sont d’époque. On apprend avec elles quelques mots de polonais. Je tente de leur demander si elles préfèrent que je ferme la fenêtre dans leur langue. Une ne me comprend pas et l’autre répond en allemand. Il y a un peu de boulot! 😅
Quarante minutes d’arrêt à Stargard pour une raison inconnue puisqu’on ne comprend rien.

Des champs de blé à perte de vue, ponctués d’un coup de klaxon (non ça c’est « Touche pas p’tit con! ») à chaque passage à niveau, non protégé.

Plein soleil sur notre fenêtre, les cinq heures de trajet sont passées très vite. C’est l’une de nos meilleures étapes!
#soyoungtobesuchabuffoon
Premier repas polonais!
Pour rester au plus près du budget, le repas est souvent frugal! Nous sommes partis ce matin avec un petit pain et une tranche de jambon, des chips et une banane…
En arrivant à 20h à Dantzig, appelée Gdansk en polonais, les estomacs crient famine… Et j’ai souvenir qu’en Pologne, on mange bien pour pas trop cher!

Comme j’ai de la 4G à gogo, je trouve sur TripAdvisor un super resto entre la gare et l’apart: swojski smak! Well done!
On se jette sur la carte: 2 bières, une limonade maison à la framboise, une grande bouteille d’eau, une soupe à la saucisse et aux pommes de terre, des « potato pancakes » au saumon fumé et trois assiettes de Pierogi (spécialité polonaise comme un petit chausson de pâte cuit à l’eau fourré à tout ce qu’on veut…) plus tard, on ne peut même plus avaler une miette…

Notre serveur est super sympa et parle même français! Nos efforts en polonais ont payé! Il est super content et nous comprend presque!
Et l’addition? 30,5€….
Bon, ce soir on a un peu abusé mais demain, on fera gaffe, promis! Ce même resto propose le repas de midi avec soupe/plat/boisson pour…4,5€…
Je crois qu’on ne va pas beaucoup cuisiner à la maison en Pologne!!!
Ma playlist pour traverser les grandes plaines de Pologne!
Nous sommes confortablement installés dans notre compartiment, prêts à traverser la Pologne d’Ouest en Est, enfin plutôt du Nord-Ouest au Nord-Est!

Les plaines de blé mur s’étendent à perte de vue sous un beau soleil…les biches galopent, les cigognes s’étirent…

Le voyage est particulièrement agréable et on révise notre polonais car on a compris, dès la gare de Stettin, que ça allait être difficile…
Une fois déballés les IPads, j’ai une bonne heure pour m’écouter un peu de musique… Playlist totalement subjective au gré de mes envies, mes humeurs!
Last Day in Stralsund!
C’est donc sous une pluie battante que nous commençons la visite de la vieille ville!

Octave a gardé son imperméable de l’an dernier, Louise a un petit kway hyper pratique acheté en solde à carrefour et nous avons des ponchos qui nous ont été donnés par Maman il y au moins 3/4 ans. Je pense qu’ils n’ont jamais servi… Mais ils ont vieilli pliés et un des deux ne finira pas la journée…
Comme il devait pleuvoir le matin, on avait planifié un départ autour de midi… On s’est donc complètement raté car des trombes d’eau sont tombées dans l’après-midi! Qu’à cela ne tienne, on est routard ou on ne l’est pas!
On débute par la Marienkirche, église luthérienne gothique de briques rouges!

On décide de gravir les 366 marches, tout d’abord des marches taillées dans la pierre (jusqu’en haut de la tourelle) puis des escaliers super raides une fois fois la coupole… Vertige, vertige!

La vue est sublime, ça valait le coup… On entend Octave d’une toute petite voix nous dire: « j’ai envie de faire caca….ahhh non, je crois que le vertige ça me donne envie de faire caca… »!!!


La descente est bien sport et Louise s’est tellement concentrée pour ne pas rater une marche qu’elle en tremble encore!

Nous n’arrivons pas à atteindre le Alter Markt pourtant distant de quelques centaines de mètres car nous sommes littéralement trempés… On fait donc une pause pour manger une glace…c’est de saison!!

Lorsque la pluie ralentit, on visite l’Eglise St Nicolas, le Rathaus (Hotel de ville) et la place de l’Alter Markt (le vieux marché): c’est magnifique, témoin direct de la richesse des villes hanséatiques au XIVe siècle!

Dernier repas de schnitzel, dernière bière allemande…demain Pologne!
Une ville une histoire: Prora
Prora (qui se trouve sur l’île de Rügen si vous avez bien suivi…) porte aussi le surnom de « colosse de Rügen »…
Il n’en fallait pas plus pour éveiller notre curiosité!
Vue du ciel, ça donne ça:

Alors station balnéaire, oui…!!! Mais construite en 1936!
Et en 1936, c’est kiki dirige l’Allemagne? Il est petit, il est moche, il est moustachu? Et ben ouais, c’est Hitler Adolf…
Donc, entre 1936 et 1939, Hitler décide de faire construire OKLM un ensemble démentiel pour l’organisation de loisirs Kraft durch Freunde (la force par la joie, tout un programme, organisation établie pour gérer le temps libre des Allemands…)
Et il voit grand notre Adolf, il voit grand: pas moins de 4,5 km de plage pour accueillir 20 000 vacanciers…

Ohhhh là….attention! Pas TOUT le monde hein! Je vous rappelle qu’en 1935 sont sorties les lois de Nuremberg, ensemble de textes racistes et antisémites qui privent les Juifs de leur citoyenneté et les excluent de la vie sociale et économique… Donc, à Prora, dans cet immense complexe d’architecture national-socialiste, pas de non-aryen, pas de personne ayant épousé un non-aryen et pas de parents d’enfant handicapé… Dura lex sed lex…
D’ailleurs, la jolie ville voisine de Binz, lieu de villégiature prisé par la bourgeoisie juive est déclarée « Judenfrei » en 1938, ce qui la vide de sa population juive…
Et sinon, au niveau de l’organisation, il marche comment le AirBnb de notre Adolf? les 10 000 chambres donnent toutes sur l’océan. De 5 mètres sur 2,5 mètres, ces pièces devaient comporter deux lits, une armoire ou un placard et un évier. Il y avait également un haut-parleur pour transmettre des messages…hallo Goebbels, tu me reçois???
Les toilettes et les douches étaient communes et tout le reste est fait en groupe (loisirs, sport, tambouille…)
L’architecte, Klotz, dessine même des piscines capables d’accueillir jusqu’à 5000 personnes en même temps, une salle de spectacle immense, un théâtre …bref, un club-med pour nazis… Et les Français n’en reviennent pas de ce projet ambitieux, eux qui viennent péniblement de voter les 2 semaines de congés payés…si bien qu’en 1937, à l’expo universelle de Paris, le « projet Prora, plus grande station balnéaire du monde » reçoit le prix d’architecture…
POSEY Adolf!

Malheureusement, 1939, c’est la guerre…et en Allemagne, on pense plus trop à partir en vacances ni à récompenser le gentil ouvrier national-socialiste, ni à souder le peuple…..le projet est à l’abandon, les bâtiments également..

En 1944, Prora devient un hôpital pour la Wehrmacht puis accueille successivement les habitants de Hambourg (les fameux hamburgers) chassés par les bombardements alliés, puis les réfugiés Allemands des Sudètes…
En 1945, Prora change de méchant car elle tombe dans l’escarcelle de Staline! Décrétée zone militaire par les Soviétiques, puis base pour les paras de l’armée Est-Allemande en 1952 avant de servir comme camp d’entraînement pour les rebelles du Mozambique ou de Palestine, ce qui lui vaudra d’être « rayé des cartes », secret militaire oblige…

Et aujourd’hui alors? On en fait quoi de Prora? Et bien les Allemands l’ont classé comme monument de leur patrimoine…auberge de jeunesse, complexe hôtelier de luxe et, au milieu des fenêtres éventrées et des façades de béton grises, des ballons et un allomat pour proposer des aparts à la vente…
Alors même si le site est agréable, il me semblerait difficile de m’installer ici… Je ne sais pas si c’est moi, mais l’ambiance est un rien pesante autour de ces 8 bâtiments….
via PressSync


































